COMPTE RENDU DU SEMINAIRE MENSUEL DE L’AREB-AVRIL 2016

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Le 29avril 2016 s’est tenu dans la salle de réunion de l’Institut des Sciences des Sociétés (IN.SS), le quatrième séminaire mensuel l’Atelier de Recherche sur l’Education au Burkina Faso (AREB).Prévue pour débuter à 15 heures 00, la séance a démarré avec 10 minutes de retard.

 

Le Coordonnateur de l’AREB, monsieur Maxime COMPAORE, après avoir souhaité la bienvenue à l’assistance, a présenté les communicateurs et les thèmes qui seront abordés.

Il a ensuite donné la parole au premier Communicateur en la personne de monsieur Lucien HIEN, Directeur du développement de l’éducation préscolaire au Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA).

Monsieur Lucien HIEN a élaboré une communication qui porte sur « le Développement de la Petite Enfance (DPE) au Burkina Faso ».Il a tenu à situer le cadre de cette communication. En effet, il a indiqué que ce sujet est extrait de l’analyse sectorielle de l’éducation (rapport d’état du système éducatif national)en son chapitre 7.

Pour le communicateur, le développement de la petite enfance est un processus au cours duquel l’enfant apprend à maîtriser l’utilisation de plus en plus complexe de ses facultés motrices, intellectuelles, affectives et sociales. Il a une dimension multisectorielle et intègre les soins qui favorisent la création d’un environnement riche pouvant assurer un développement optimal de l’enfant depuis la conception jusqu’à l’âge de huit ans.Il a relevé quatre phases dans ce processus :

-avant la naissance ;

-de la naissance à 3 ans (la première enfance, la prime enfance) ;

-le préscolaire (3-5 ans) ;

-la période du primaire (6 à 8 ans)

Il a précisé que la dernière phase a été intégrée dans la petite enfance pour permettre aux enseignants du primaire de comprendre ce qui se passe au préscolaire afin de mieux les prendre en charge.

Le second aspect important de la communication a concerné les principaux secteurs du développement de la petite enfance. L’exposant identifieprincipalement la santé, la nutritionl’hygiène-l’eau-l’assainissement, la protection et l’éducation. Pour lui, tous les secteurs précités concourent harmonieusement au développement de la petite enfance. Il a souligné que certains secteurs tels que la santé, la nutrition ont connu des progressions notables, celui de l’éducation reste à la traîne.

En effet, monsieur HIEN relève que selon les projections de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) en 2015, il y avait 5.755.000 enfants couvertspar le système de développement et de protection de la petite enfance au Burkina Faso soit 31% des enfants de cette tranche. Cela laisse voir que la couverture de la petite enfance au Burkina Faso est très faible dans son ensemble.

Il a indiqué que le Gouvernement doit évaluer la politique nationale de DPE afin d’en tirer les leçons pour élaborer une nouvelle politique assortie d’un plan d’action opérationnel. Par ailleurs, le DPE ayant une dimension multisectorielle, la mise en place d’une coordination intersectorielle de haut niveau est indispensable pour sa promotion.

C’est sur ces mots que l’exposant a mis fin à sa communication du jour.

            A la suite de l’exposé, le Coordonnateur a tenu à remercier le communicateur pour la clarté de la présentation et la pertinence de son sujet. Il a ensuite donné la parole à l’assistance pour les différentes questions et contributions.

Ainsi, madame Madeleine KONKOBO/KABORE est revenue sur la question du genre dans la petite enfance en interrogeant l’exposant sur les raisons de l’évolution disparate des chiffres de la préscolarisation entre filles et garçons.Ensuite, elle a voulu comprendre les raisons de l’échec de la Stratégie Nationale de DéveloppementIntégré de la Petite Enfance (SNDIPE).

A la première question, le communicateur a indiqué qu’il existe une bonne parité au préscolaire et au primaire mais elle est remarquable à partir du post-primaire.

Pour la deuxième interrogation, il précise que les difficultés de financement des plans d’action pour le développement de la petite enfance sont les principales causes de cet échec de la SNDIPE.

Aussi, faut-ilattribuer cet échec à la non-fonctionnalité du Conseil national pour le développement intégré de la petite enfance (CNDIPE). A ce sujet, monsieur Maxime COMAPORE a insisté sur le fait quele cas du CNDIPE ne soit pas isolé et unique. Il a noté que même le Conseil National de l’Education (CNE) est presqu’inexistant et non-fonctionnel.

A la suite de la série des questions-réponses, Dr Carole BAMBARA/CONGO a voulu comprendre la place de l’éducation inclusive dans la petite enfance. Une question à laquelle le communicateur a répondu en soulignant qu’elle est bien prise en compte dans la SNDIPE.

Monsieur Félix COMPAORE, tout en félicitant l’exposant, a ensuite voulu savoir en quelle année la SNDIPE a-t-elle été adoptée.Car, pour lui, il y a eu comme un laxisme dans la mise en œuvre de cette politique nationale. Le communicateur a indiqué que la SNDIPE a été adoptée en 2007.

Madame Ariane MONVERT a apporté son témoignage en tant qu’actrice sur le terrain en ajoutant que les enfants qui ont la chance de passer le préscolaire assimilaient mieux au primaire.

L’intervention de Ariane MONVERT a mis fin à la première communication et a permis au président de séance de passer le témoin à la seconde communicatrice, Dr Aoua Carole BAMBARA/CONGO, Chercheure à l’INSS/CNRST et Responsable de l’éducation inclusive dans cet Institut de recherche.

Cettedeuxième communication a porté justement sur le thème « l’éducation inclusive au Burkina Faso ». Mais, avant tout propos, la communicatrice a précisé qu’il s’agit de l’éducation inclusive formelle des enfants sourds et que l’étude a couvert toutes les 13 régions du Burkina Faso. Pour elle, l’objectif principal de l’étude était de trouver une réponse à la question de savoir : quels changements doit-on opérer pour une éducation inclusive de qualité au Burkina Faso au regard de l’état actuel des écoles ? Les objectifs spécifiques étant essentiellement de produire des statistiques, de déterminer les défis auxquels font face les éducateurs dans la mise en œuvre de l’éducation inclusive actuelle des enfants sourds et de faire des propositions d’amélioration.

Le développement de son exposé a débuté par une clarification conceptuelle et une identification des instruments de l’éducation inclusive au Burkina Faso. Pour ce faire, elle a fait usage des définitions de l’UNICEF et d’autres institutions internationales et nationales. Elle a ensuite, identifié trois types de structures d’éducation inclusive au Burkina Faso :

-les écoles inclusives privées dont les apprenants inclus étaient au nombre de 1816 en 2014 ;

-les écoles auxiliaires publiques, avec un effectif d’apprenants de 88 écoliers en 2014 ;

-les classes transitoires d’inclusion scolaire (CTIS) qui comptaient 1189 apprenants en 2014. En ce qui concerne les programmes, la communicatrice a indiqué que le système éducatif burkinabè ne fait pas une grande différence entre les enfants en situation de handicap et les autres enfants. Pour le cas des enfants sourds, le programme est le même que pour celui des enfants normo-entendants.

La suite de la communication a porté sur les représentations sociales de la scolarisation des personnes vulnérables au Burkina Faso, le handicap et la déficience étant souvent perçues comme la volonté de Dieu. Dr Bambara/CONGO a aussi souligné que la véritable difficulté se trouve dans l’insertion socio-professionnelle.

Parlant des défis de l’éducation inclusive au Burkina Faso, elle a relevé qu’ils sont en lien avec les perceptions sociales, la formation des enseignants, les supports et outils pédagogiques et la productivité des écoles.

La communicatrice a terminé son exposé en formulantdes propositions. Parmi les propositions d’améliorations, elle a cité :

-          l’éducation des masses au handicap par des modèles-exemples de réussite de personnes handicapées et/ou déficientes sensorielles ;

-          la réforme des programmes et curricula pour les adapter aux besoins spécifiques des enfants en situation de handicap ;

-          la production d’outils visuels adaptés ;

-          la formation aux métiers car, beaucoup d’apprenants handicapés sensoriels comme les sourds n’ont pas accès au cycle secondaire du fait de leurs difficultés d’apprentissage.

Dr BAMBARA/CONGO a terminé son exposé en lançant un plaidoyer pour une meilleure volonté politique dans le traitement des personnes vulnérables en éducation.

            Avant d’ouvrir la phase des réactions à l’exposé, le Coordonnateur est revenu sur les difficultés dans l’atteinte des objectifs de l’EPT dont la question de l’éducation inclusive paraît cruciale. Pour lui, le problème se trouve dans l’enrôlement des enfants marginalisés par le système éducatif.

Le second intervenant, monsieur Mamadou SANAOGO a posé deux questions : une sur l’existence de la formation spécifique et l’autre sur la manière dont se passe l’éducation inclusive dans les écoles.

La communicatrice a répondu à ces questions en soulignant d’abord que l’inclusion dans les écoles se fait selon les textes qui encouragent les parents à inscrire leurs enfants dans des écoles proches de leurs domiciles. Cependant, ceux-ci sont quelques fois confrontés à des refus du fait que toutes les écoles ne sont pas outillées pour accueillir des handicaps lourds, les obligeant ainsi à inscrire leurs enfants dans des écoles adaptées. Elle a ensuite relevé que quelques écoles offrent de la formation aux métiers grâce à l’appui des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) extérieurs et nationaux.

Madame Madeleine KONKOBO/KABORE, troisième intervenant a demandé s’il est possible de faire de l’éducation inclusive pour tous une réalité et quels sont les avantages et les inconvénients de l’inclusionscolaire? Elle a aussi demandé une réponse à la question : ‘est-ce que la formation d’une année octroyée aux enseignants peut leur être suffisante ?’

La communicatrice a répondu que l’objectif des autorités éducatives du Burkina Faso est d’aller vers l’éducation inclusive pour tous et que cela est possible si tous sont pour l’éducation inclusive. En ce qui concerne l’assemblagedes enfants dans une même classe, selon Dr Bambara/CONGO, elle vise à la socialisation et la construction personnelle de l’enfant et l’acceptation du handicap car, l’inclusion favorise le bien vivre ensemble.

Pour répondre à la troisième question, la communicatrice a affirmé que la formation d’une année peut être suffisante si elle est de qualité.

Monsieur Lucien HIEN, quatrième intervenant a voulu une précision sur les CTIS, à savoir si elles sont uniquement localisées à Tanghin-Dassouri. A cette question, la communicatrice a répondu non, en indiquant que d’autres CTIS sont disséminées dans des départements mais toutes ne prennent pas en charge la surdité sévère, profonde ou totale qui nécessitent l’utilisation de la langue des signes.

MadameAriane MONVERT, cinquième intervenant a soutenu les propos de la communicatrice en ce qui concerne la perception sociale face aux personnes vulnérables en ajoutantque la peur soutient parfois l’exclusion. C’est sur ces mots que la présentation de MadameCarole BAMBARA/CONGO a pris fin.

            Avant de conclure cette session, le Coordonnateur est revenu sur le dernier thème abordé en précisant que c’est le volet partage entre l’enfant normal et l’enfant en situation de handicap qui est recherché par la politique de l’éducation inclusive.

Après avoir donné des informations relatives à l’appel à soumission, le Coordonnateur remercié l’assistance et a levé la séance à 17 heures 30.

Le rapporteur                                                                                 Le Président de séance

KABORE Amado                                                               Maxime COMPAORE

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